mardi 1 septembre 2009

Comment atistes et créateurs vivent le ramadan au village des Arts à Dakar


Comment artistes et créateurs vivent le ramadan : Le Village des arts prend un coup de jeûneAu village des Arts de Dakar, les artistes s'organisent différemment en cette période de jeûne. Les organismes sont soumis à rude épreuve et à chaque plasticien sa solution pour travailler convenablement et ne pas pâtir de la diète. Cette année au Village des Arts de Dakar, la saison creuse hivernale coïncide avec le mois de ramadan. Ce concours de circonstances qui peut paraître fâcheux n'a pourtant pas de répercussions négatives sur le quotidien des artistes qui ‘hantent’ les lieux. Tout au plus, ce sont les horaires de travail qui s'en trouvent perturbés car, diète oblige, la plupart des ateliers tournent quelque peu au ralenti dans la journée. Mais quoi qu'il en soit, les artistes demeurent sur place et leur créativité est mise en avant à la galerie Léopold Sédar Senghor qui abrite la bien nommée exposition/vente ‘Nawète’ (‘Hivernage’, en wolof). Le jeûne n'en réduit pas pour autant les plasticiens au chômage technique. Les sculpteurs-fondeurs sur bronze par exemple ont le cœur à l'ouvrage. Ils s'organisent juste autrement durant ce mois sacré. ‘Nous polissons les sculptures en finition ou nous créons des maquettes avec de la cire d'abeille. Mais le gros du travail qui se fait sur le bronze est effectué après la rupture. Il faut en effet faire fondre le métal et la chaleur du four est intenable, cumulée à la canicule et à la soif’, confie l'un d'entre eux. A cause du ramadan, beaucoup d'artistes différent leur travail et attendent le soir pour s'occuper du pain qu'ils ont sur la planche. De fait, plus qu'à l'accoutumée, les visiteurs peuvent s'immerger dans l'univers des plasticiens et courent moins le risque de perturber leur concentration. Car comme le concède ce peintre : ‘Je suis toujours disponible pour les visiteurs, c'est avec plaisir que j'échange avec eux, mais c'est vrai que quand je veux bosser, je m'enferme dans l'atelier.’
Interrogé sur ses méthodes de travail en cette période, ce céramiste explique ne pas changer sa grille horaire parce qu'il jeûne. Il dit ‘privilégier les créations abstraites’, car selon lui ‘la faim développe l'imaginaire’ et ‘les créations abstraites font plus appel à l’intuition et aux sentiments là où l’art figuratif sollicite beaucoup plus le sens de l'observation et la mémoire’. Le médiateur culturel du Village des Arts, M. Diop, se félicite du dynamisme qui prévaut auprès des pensionnaires du village et se réjouit de l'engouement croissant dont le public fait preuve à l'endroit des œuvres estampillées ‘V'Arts’. Pour lui le métier d'artiste n'est pas évident et ‘c'est formidable que des plasticiens puissent vivre de leur art’. Avisé, il prévient: ‘notre culture est le dernier bastion de notre identité. Nous devons travailler d'arrache-pied à la fortifier, et cela passe par la promotion de notre patrimoine artistique’.
Mohamed NDJIM (Stagiaire)

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